21 janvier 2008
ÇA ROULE, MA POULE ?
Le temps s’est radouci. Ce matin, Joel Collado, à moins qu’il ne s’agisse de Jacques Kessler, nous annonçait des températures au-delà des normales saisonnières (Ah, le doux ronron des formules toutes faites). Encore un hiver sans neige ? Anouk se languit de voir des flocons " pour de vrai ".
Moi aussi, tous les jours, je consulte ma météo perso : suis-je en forme ou pas ? Pas besoin de Jocques Cossler pour le savoir, suffit que je chausse mes rollers pour mes dix minutes matinales entre la station de RER de la Porte de Clichy et mon boulot. Il y a des jours où les patins avancent tout seul, j’ai juste à me laisser glisser (et pourtant, ça monte légèrement). Ils gravissent et descendent les trottoirs en toute douceur. Leur rythme s’harmonise même à celui des feux de circulation. C’est en général signe que je pète le feu et que je vais fatiguer tout le monde au boulot avec mes pépiements, mes blagues à deux balles et mes cliquetis.
Et puis, il y a les jours où les rollers regimbent. Ils buttent sur la moindre anfractuosité, les roulements grincent de mécontentement, j’ai l’impression de tirer une carriole en béton armé avec des roues carrées sur le versant nord de l'Everest. Là, c’est signe que je vais me traîner toute la matinée en arborant un air ronchon. Avec un peu de chance, et deux litres de thé plus tard, j’émergerai sur les coups de 12 h 30...
QUAND C'EST BLEU, IL PLEUT ; QUAND C'EST ROSE, ÇA S'ARROSE
Quand j’étais petite, on avait une Sainte Vierge baromètre à la maison. Quand son aube était teintée de bleue, cela voulait dire qu’il allait pleuvoir. Et quand son jupon virait au rose, le temps resterait sec. C’est ma tante Marthe qui nous l’avait rapportée de Lourdes. Elle avait acquis ce splendide échantillon de l’artisanat lourdaud, pardon lourdais, lors d’un pèlerinage pour son petit-fils, “le” Didier. Celui-ci avait eu la malencontreuse idée de passer, non sous les fourches caudines, mais sous la moissonneuse-batteuse de sa mère. Et il en avait gardé des séquelles “à la tête” (tu m’étonnes !).
Le pèlerinage n’a pas eu les effets thérapeutiques escomptés. En revanche, nous y avons gagné cette vierge météorologiquement miraculeuse, ainsi qu’une fiole d’eau bénite, également en forme de Vierge Marie (quand je m’engueulais avec ma mère, je menaçais de la vider dans l’évier – la fiole, pas ma mère – et de remplacer l’eau bénite par de l’eau du robinet, ni vu ni connu. Cela la mettait – ma mère, pas la fiole – en rage. Je ne l'ai jamais fait, évidemment. Pas par peur du blasphème. ;-) Mais par respect pour les petites superstitions maternelles.)
Moi, j’aimerais bien avoir les vêtements magiques de la Vierge Marie. Comme ça, les matins en bleu, je saurais qu’il vaut mieux laisser les rollers à la maison, et je prendrais le bus.
Mince, il va pleuvoir !
Mince, il va pleuvoir !
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