16 mai 2010

ACCRO

J'ai beaucoup de copines qui n'ont pas d'enfant. Par choix ou pas, certaines encore dans l'indécision. Et ce que je vais raconter ne va pas aider ses dernières à se décider...

Je voulais parler du manque. Mes pépettes sont avec leur père depuis hier après-midi. Lorsqu'elles ont quitté la maison, j'ai ressenti un vide, qui doit être proche de ce que ressentent les toxicos en manque. J'avais froid, je me suis calée sous la couette, l'ordinateur devant moi (afin de nous chercher une destination, pour le week-end prochain*. C'est ma méthadone : quand je ne suis pas avec elles, je fais des projets nous concernant toutes trois, ou je leur achète des trucs…). Et je ne pouvais plus en bouger. N'ayant de propension ni à la dépression ni à l'inertie, ça n'a pas duré très longtemps... Mais je vais devoir apprendre à composer avec ces moments-là. Voire à en pro-fi-ter (comme ce matin, où je rédige tranquillement mon billet dans mon lit, sans être dérangée).

Avant d'avoir des enfants, cela ne me manquait pas ! Je ne fais pas partie de ces femmes qui ont ressenti très jeunes un besoin viscéral d'être mère. Mais aujourd'hui que j'ai mes filles, je ne pourrais pas m'imaginer qu'il en soit autrement.

Etre mère, c'est avoir des moments de plénitude, mais qui s'accompagnent aussi de servitudes (et moi, je te fais à la demande des rimes ultrariches en "itude" : quand t'as des mioches, tu sais même plus ce qu'est la solitude... Les mamans méritent donc un max de sollicitude. Bon, on va s'en tenir là, sinon ça va devenir une habitude, source de toutes les turpitudes).

Je comprends donc qu'on puisse être dans l'indécision d'enfanter. Et cela requiert même du courage, vu la pression sociale qui s'exerce sur les femmes à ce sujet. La vie peut très bien se concevoir sans enfant, tant qu'on n'a pas touché à cette drogue dure qu'est la maternité.

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* Tout est blindé pour la Pentecôte aux alentours de Paris ! J'ai même eu droit à une pétasse, propriétaire de roulottes en Picardie, qui m'a répondu d'une voix pointue : “Mais pour un week-end comme ça, il faut prévoir au moins trois ou quatre mois à l'avance !” Eh ben, Super Connasse Donneuse de Leçons, elle est pas prête de me voir, même pour un week-end “pas comme ça”. J'avais déjà fait un séjour en roulotte avec les filles. La proprio était super désagréable. Ce sont toutes d'anciennes gardiennes de prison ou quoi ? 


Posté par Karmara à 09:41 - Commentaires [24] - Permalien [#]


Commentaires sur ACCRO

    Je vois exactement ce que tu veux dire avec ta drogue dure. Ma minette me manque un max... deux semaines chez les grands-parents.. c'était super les trois premiers jours car je dormais enfin.. mais là, il me tarde qu'elle rentre... encore une semaine à attendre.. Je l'ai vue sous MSN tout à l'heure, et elle est heureuse comme tout, bichonnée par son papy et sa mamie.. donc tout va bien...

    Posté par lanfeust55, 17 mai 2010 à 01:29 | | Répondre
  • Tu sais que même avec des enfants de plus de 40 ans le manque est le même.

    Posté par mab, 17 mai 2010 à 07:23 | | Répondre
  • J'aurais pu écrire le même, à la virgule. Sauf pour la quête du week-end, chez nous c'est fêtage de quacre ans toute la Pentecôte !

    Posté par Anne, 17 mai 2010 à 09:26 | | Répondre
  • Alors comme ça tu fais de la pub pour la bonne-maternitude ?

    Posté par le-gout-des-autr, 17 mai 2010 à 12:03 | | Répondre
  • Grâce à ton billet je viens de lancer une levée de bouclier syndicaliste dans la boîte !!! Youhou que c'est bon. Je suis debout sur ma chaise à lire les textes de loi à tout le monde. Rapport au lundi de pentecôte que l'on travaille dans notre boîte... (pfff... genre comme si nous n'étions pas plus que très très largement au-delà des 7h annuels d'heures sup').

    Enfin, sinon des grognasses pareils je leur exploserai la tronche. Un peu comme quand je reçois des mails de la SNCF qui te disent de déjà acheter des billets de train pour le mois de juillet ! Ca me tue... (et la liberté elle est où là dedans ?!!)

    Posté par Leeloolene, 17 mai 2010 à 14:16 | | Répondre
  • Et ce manque tu vas le ressentir toute ta vie, c'est la dure loi de la vie des mères...

    Posté par heure-bleue, 17 mai 2010 à 16:37 | | Répondre
  • Je l'aime beaucoup ton billet, moua, et tu sauras pourquoi
    En même temps, il vaut mieux que tu sois addict pour la vie, quand tu deviens maman, parce que si j'ai bien compris toutes les petites lignes du contrat, y'a pas d'endroit où tu peux te rétracter, quand c'est en route, si?
    Et moi le truc, ben c'est que ça me fait peur, de m'engager sans pouvoir me rétracter
    N'empêche, il est joli tout plein ton billet, et puis je vous souhaite un très beau week-end de Pentecôte loin des pétasses grognasses de Picardie ou de roulottes quelconque!

    Posté par Floh, 17 mai 2010 à 20:41 | | Répondre
  • ... je vais faire hurler

    tout le monde et vous allez me jeter des pierres : je ne suis pas en manque de mes enfants et j'avoue ne pas penser à eux plus que de raison... J'y pense quand ils sont sur la route, quand ils ont des échéances importantes bien sûr... Mais, en dehors de cela, ils ne sont plus ma priorité... Peut-être le fait d'avoir vécu tous les 4 en osmose pendant que leur père partait en intervention extérieure 10 mois sur 12, fait que je suis rassasiée d'eux à présent. Je les aime de tout mon coeur, mais tout doucement le lien se rompt et je trouve cela normal, et ils le vivent plutôt bien... Par contre, tant que le "petit dernier" ne volera pas vraiment de ses propres ailes, je serai toujours inquiète... Mais toi, c'est normal que tu sois ainsi en ce moment, il te faut à présent composer avec des week-ends et des vacances à partager... Pour ton projet de week-end, as-tu vu du côté du Puy du Fou ??? Mais je sais, que tu trouveras un plan génial !

    Posté par ciboulette100, 17 mai 2010 à 22:57 | | Répondre
  • C'est au moment où ils partent, qu'une bouffée de solitude m'envahit. Une sorte de tristesse qui m'accompagne lorsque je ferme la porte. Puis je reprends pied et le nuage s'efface. J'aime mes enfants, j'aime savoir qu'ils sont heureux loin de moi. Je comprends tout à fait que ce manque te submerge maintenant. Votre vie neuve doit être réapprivoisée et il te faut réapprendre l'absence.

    Posté par Valérie de Hte S, 17 mai 2010 à 23:11 | | Répondre
  • @Lanfeust : toute notre vie tourne autour d'eux... Mais il faut (re)trouver nos marques quand ils ne sont pas là.

    @Mab : je m'en doute déjà. Je prie pour qu'elles se s'exilent pas à l'autre bout de la planète !

    @Anne : Cela fait deux week-ends de suite de visites... (sans compter celles du soir). J'ai besoin de m'échapper.

    @Le Goût : si l'on considère que comparer que comparer la maternitude avec l'héroïne, c'est de la pub !

    @Leeloolène : attends, attends ! On ne travaille pas le lundi de Pentecôte, mais en compensation, notre direction bien-aimée nous a retiré un jour de congés payés ! Sans déconner...

    @Heure-Bleue : j'en séquestrerai une à la maison... Celle qui saura le mieux cuisiner.

    @Floh : c'est toute la problèmatique. C'est une prison dorée...

    @Ciboulette : je trouve ton attitude très saine ! Et j'espère que je laisserai mes filles se détacher petit à petit du nid familial.
    La Vendée, c'est trop loin pour ma pauvre voiture ! Finalement, nous irons à une soixante de bornes à l'ouest de Paris, voir des animaux en liberté dans une espèce de réserve zoologique "roots", à Emancé, puis nous irons dans un château dédié aux contes de Perrault (le château de Breteuil). On passera une nuit dans un vieil hôtel au nom mystérieux : Pendragon ! Moi, je vais me recycler en organisatrice de week-end pour parents bobos !

    Posté par Karmara, 17 mai 2010 à 23:18 | | Répondre
  • argh! ça me fait repenser aux joies de mettre ses enfants en colo! partent tous contents, la mère qui rigole à la fen^tre du car pour leur prouver sa bonne volonté
    et qui tourne en rond pendant la semaine en furetant dans les coins et en abattant plus de ménage qu'elle n'en abattait en un an pour tromper son impatience de retourner les chercher à ce p't1 de car qui... ))
    maintenant, ça m'a un peu passé, heureusement!mais les si longues semaines sans nouvelles...

    Posté par tarmine, 17 mai 2010 à 23:30 | | Répondre
  • T'aurais acheté un congélateur, eh ben t'étais tranquille.

    Posté par le-gout-des-autr, 18 mai 2010 à 08:35 | | Répondre
  • J'adore mes filles, mais quand elles ne sont pas là, elles ne me manquent pas. Quand elles partent en colonies de vacances, je fais plein de projets pour moi et je trouve que le temps passe si vite. Elle reviennent et je n'ai rien eu le temps de faire. c'est quand elle revienne en fait que je me rend compte qu'elles m'ont manquées. Les voir descendre du train, me sauter dans les bras m'enchante. La joie des retrouvailles quel bonheur.

    Maintenant, cette situation là, jene la connais pas. J'ai des tas d'amies qui profitent un max de ces week-end. Et d'autres qui ont tellement de rancunes vis à vis du père de leurs enfants qu'elles vivent ces week-end comme des cauchemars.
    Pour ma part, en bientôt deux ans, il est arrivé deux fois qu'il les garde. Et là, c'est vrai, je ne suis pas tranquille. Mais la situation est un tout petit peu différente. Les filles y vont en trainant des pieds et ont peur. Même si j'étais persuadée qu'elles ne risquaient rien, qu'il avait enfin compris. Et puis j'ai appris incidemment que ce n'étais pas tout à fait vrai. Et si jamais le juge revient sur sa décision et lui confie un droit de garde régulier, là, ou, je ne vais plus vivre.

    Posté par Akynou, 18 mai 2010 à 08:40 | | Répondre
  • Pour le jour supprimé par ton patron bienaimé, ce n'est pas un congé payé. Il ne pourrait pas, il n'en a pas le droit. C'est un jour qu'un précédent patron vous avait donné en plus sur lequel ils en ont profité pour revenir. Une RTT ils ne pouvaient pas car tous les salariés du groupe n'ont pas de RTT.
    Des propositions leur avaient été faites comme laisser le choix au salarié par exemple. Mais ils n'ont pas voulu : trop lourd à gérer… Ben voyons. Faut vérifier que tous les salariés aient bien donner un jour. C'est dur quand on en a beaucoup.
    Il leur a été proposé aussi de faire comme d'autres entreprises, de ne pas supprimer de jour de congé. Oui, mais non. Ce serait pas juste, parce que eux, en tant que patrons il faut qu'ils reversent la journée de travail à l'Etat. Alors il n'y a pas de raison.
    Je te fiche mon billet que si cette mesure est supprimer, vous ne retrouverez pas votre journée de noël.

    Posté par Akynou, 18 mai 2010 à 08:47 | | Répondre
  • j'avais mis le casque lourd :

    j'voulais même pu reviendre chez toi !

    Ouf, j'suis rassurée : vous m'avez comprise

    PS : serait-ce que Mimi-Micra te ferait des caprices

    Posté par ciboulette100, 18 mai 2010 à 14:12 | | Répondre
  • Je pense un peu comme Valérie, qu'il s'agit d'un ensemble, une vie toute neuve que tu dois apprivoiser tout doucement.

    Mais je comprends que les pépettes te manquent, cela va être sympa leur retour !

    Pour les loueurs du week-end, j'ai comme toi cette allergie ! Et si les Parisiens ne venaient plus pour leur faire gagner leur vie, il faudrait une cellule psy pour les aider et des aides ! Boycott des cons désagréables !

    Posté par Fauvette, 18 mai 2010 à 17:39 | | Répondre
  • Oh j'ai hâte!

    J'ai hâte moi aussi de ressentir ça, le manque, le bonheur intense!

    Posté par Marloute, 18 mai 2010 à 21:20 | | Répondre
  • @Marloute.
    Je ne suis pas sûr du tout que le manque soit un bonheur intense.
    Pas seulement pour les addicts coincés dans un commissariat.
    Ma mère était super contente la première se maine quand nous étions tous les quatre partis en colo.
    Elle passait les trois semaines suivantes à pleurer...

    Posté par le-gout-des-autr, 18 mai 2010 à 22:21 | | Répondre
  • Comment ça qu'elles ne partent pas à Perpette ? Regarde, ça se fait très bien...

    Posté par Croissant15, 18 mai 2010 à 22:34 | | Répondre
  • "Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
    Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
    Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
    Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !"
    Lamartine

    Posté par marie-madeleine, 18 mai 2010 à 22:35 | | Répondre
  • J' ai connu ce manque qui fait très mal lors des départs des enfants mais maintenant tout va bien .....je ne ressens plus cette douleur quand je sais que tout va pour le mieux chez eux . Ce qui bien sûr n' est pas toujours le cas . Deux de mes petits vivent aussi des week-ends partagés et je pense que les parents veulent à tous prix " compenser " par un emploi du temps chargé dans des distractions diverses ....ils sont de ce fait doublement sollicités . Je m' en rends compte que lorsqu' ils débarquent à la maison ils sont surtout râvis de ne rien faire et d' organiser leur journée à leur rythme . Ils posent leurs valises et font OUF ....ici, on nous fiche la paix !

    Posté par Boutoucoat, 19 mai 2010 à 09:51 | | Répondre
  • ...

    @Tarmine : et comme par hasard, Anouk n'a qu'une envie : retourner en colo

    @Le Goût : j'ai un congélo... Mais j'ai regardé : il est trop petit ! Certes il y a la prison... Mais ça va, les peines sont de courte durée !

    @Akynou : je ne suis pas une rapide... J'ai besoin de temps pour m'adapter. Ça va venir... Toi tu es toujours à la barre. C'est encore plus dur !

    @Cibou : no soucy ! Pas d'ostracisme ici, d'autant que ton point de vue est tout à fait recevable !

    @Fauvette : je suis aussi tombée sur des gens dont l'établissement était plein mais très sympas ! Et ceux-là ont des chances de me voir un autre week-end. Les cons sont contre-productifs...

    @Marloute : c'est ça, la passion !

    @Croissant : c'est une option...

    @Marie-Madeleine : alors imagine quand DEUX êtres vous manquent

    @Boutoucoat : dans mon cas, c'est plus égoïste que ça... C'est moi qui ne tiens pas en place !

    Posté par karmara, 19 mai 2010 à 14:07 | | Répondre
  • Envie qu'ils aillent bien...

    Je pense qu'en fonction de l'âge de nos enfants, on évolue, sans se détacher mais en acceptant qu'ils s'éloignent. Moi aussi j'espère très secrètement qu'ils ne seront pas trop loin mais en même temps, je me dis que ce n'est pas là le plus important...surtout pour eux. Et il y a tant de gens géographiquement proches qui ne se côtoient même plus. Cela me ferait plus de mal je crois.Il est vrai qu'on craint quand ils sont loin de nous...mais que craint-on au fond?
    Tes deux beautés ont de toutes façons une sacrée chance, tu apprends chaque jour avec elles, ça c'est l'idéal. Je ne crois pas qu'être mère c'est la science infuse.Alors apprenons!

    Posté par Beloubelette, 19 mai 2010 à 23:04 | | Répondre
  • Alors c'était comment ce week-end ? J'aime bien ton commentaire sur les propriétaires de roulotte. Pourtant, c'est censé incarner la liberté, non ?
    PS : Pour rebondir sur le commentaire de Ciboulette, à qui ses grands enfants ne manquent pas ce qui ne veut pas dire qu'elles ne les aiment pas, au contraire, j'en profite pour faire partager mon proverbe préféré : "On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes".
    Bon enracinement à tes filles et toi, Karmara, le temps des ailes vient toujours trop vite ...

    Posté par Ppn, 25 mai 2010 à 14:12 | | Répondre
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