A_CGareSaintSauveurJ'étais à Lille ce week-end. Je sais, j'ai la bougeotte en ce moment. Epinay me sort par les trous de nez, je crois.

Double raison d'aller dans la capitale nordiste : une expo interactive et familiale sur les monstres, qui se terminait dimanche, et une rétrospective de l'œuvre de l'artiste allemand Peter Klasen. Pour les monstres : grosse file d'attente pour un événement assez décevant. Mais bon, je crois que les filles ont bien aimé, c'était le but.

Avec la rétro Klasen, en revanche, je me suis pris une méga claque dans la face !

Sjowall_WahlooJ'avais découvert cet artiste, peintre et photographe, dans les années 90 sur les couvertures de polars suédois, la saga policière du couple Sjöwall-Wahlöö, publiée chez 10/18. Ces images hyperréalistes de véhicules utilitaires, de cadrans, de panneaux de danger ou d'interdiction… avaient quelque chose de fascinant avec leur côté froid, clinique. On y percevait la critique d'une société hyper contrôlée. Chez le même éditeur, les Pepe Carvalho de Montalban étaient associés à des toiles de Tapies.
Finalement, c'est par les polars que j'ai découvert l'art contemporain… Le plaisir des chemins de traverse.

C'est difficile de parler de peinture et encore plus de résumer l'œuvre d'un grand artiste. Déjà, c'est pas trop mon métier et en plus, ça emmerde tout le monde. Disons que ce sont surtout des grands formats, très impressionnants, mêlant de façon virtuose peinture, photo, collages, objets réels, néons… Choc esthétique d'où jaillissent de nombreux questionnements et interprétations possibles.

Ses toiles et ses installations montrent la réalité d'une façon appuyée, donc falsifiée, mais finalement plus réelle que la réalité elle-même. Enfin, you see what I mean. 

hantise

La fille de l'entrée m'avait avertie qu'une installation, isolée du reste de l'expo, était fortement déconseillée aux enfants. “Une scène de torture", avait-elle précisé d'un air plein de sous-entendus qui n'a pas échappé à Anouk. Pendant toute la visite, ma fille m'a interrogée à ce sujet. J'ai bien senti qu'elle s'en faisait une montagne. Alors, j'ai laissé mes naines dans la salle voisine, sur un banc, et je suis allée jauger l'œuvre en question. Certes effrayante, mais à condition d'en avoir les clés (références à Kafka, au nazisme…). Ce que n'a pas, heureusement, une petite fille de 8 ans. Je suis revenue vers les enfants et j'ai essayé de désamorcer leur curiosité anxieuse. J'ai dit : “C'est bizarre et un peu moche, mais ça ne fait pas trop peur. C'est un lit qui bouge, avec des seringues au-dessus. Mais ça fait beaucoup du bruit*. Alors, on va regarder vite fait, mais on ne va pas trop s'approcher parce que ça casse les oreilles.”  (Voir vidéo de France 3 ci-dessous).

On a jeté un œil et on a tracé. Quand on est sorties, la “médiatrice” tenait le même discours à une autre famille. J'ai trouvé ça particulièrement crétin. Car ça ne fait que susciter l'imagination et l'angoisse des enfants. Effet pervers garanti !

Bon sinon, on n'a pas fait que voir des machins qui font peur ! On a aussi mangé des trucs qui qui font grossir (flammekueche, frites…). Samedi soir, dans un restau qui s'appelle La Baignoire (rue de Béthune), j'ai pris un menu de la mort avec des saint-jacques au miel et au gingembre et du bar flambé. Une jeune serveuse est venue me montrer le poisson dans l'assiette en me disant : "Je vais vous le découper !” J'ai cru qu'elle se foutait de ma gueule. J'ai vaguement acquiescé, elle est repartie avec mon plat et deux minutes plus tard, elle me rapportait un poisson sans arête ! T'y crois ça ? On sait vivre dans le Nord…

DessertBaignoire


* Le “bruit” en question est en fait une œuvre du compositeur Pascal Dusapin… Argh !


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