Karmara : voyage en mère

Métro, boulot, mouflots, expos… mais pas beaucoup dodo.

04 juillet 2008

2 321 JOURS

J’ai appris la libération d’Ingrid Betancourt, la nuit dernière, à 1 h 45, en surfant sans but sur le Net.

Je sais bien qu’elle n’était qu’une otage, qu'une victime parmi d’autres.
“Les victimes sont indispensables au système médiatique, énonçait ce matin le chroniqueur de l’émission de France Inter “J’ai mes sources” . Rousseau tenait la terreur et la pitié comme les deux sentiments capables de mouvoir l’âme humaine. Le calvaire d’Ingrid Betancourt mobilisait ces deux émotions. Les Farc vivent en capturant des otages. Les médias vivent en capturant nos émotions.”

Je suis d’accord avec cette analyse. Et pourtant, j’ai été bouleversée et heureuse de cette nouvelle. Peut-être parce que je vois d’abord dans cette femme la mère qui a été privée de ses enfants pendant plus de six ans. Et je pense à ses enfants, qui ont grandi dans l’angoisse de ne plus la revoir.
J’ai poussé un petit cri de joie dans la maison silencieuse.

Christophe dormait. Je suis montée dans la chambre, je l’ai réveillé : “Christophe ! Christophe ! Ingrid Betancourt a été libérée !”
“Super !” m’a-t-il répondu, en se rendormant aussi sec.

Ce matin, quand il est descendu, il avait l’air interloqué. Ses premiers mots, avant même “Il reste du thé ?” (il n’en restait pas), furent :
“Je sais qu’Ingrid Betancourt a été libérée... Mais comment est-ce que je le sais ?”

Posté par karmara à 00:05 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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