Karmara : voyage en mère

Métro, boulot, mouflots, expos… mais pas beaucoup dodo.

01 juillet 2008

OH ! LA BELLE BLEUE !

Vous le savez, je suis une aventurière. D’ailleurs, mon vrai nom c’est Nicole Hulotte. La preuve, j’ai emprunté un livre de Philippe Delerm à la bibli, une fois. Je l’ai pas lu, mais quand même, bel effort ! J’ai aussi acheté un disque de son fils. Non, je déconne. Ce qui est vrai, c’est qu’à midi, j’ai pris un pot avec Heure Bleue et le Goût des autres. Comme quoi, je n’ai peur de rien, même de rencontrer des gens intelligents.

Ce matin, dans Libé, il y avait une pleine page de pub, qui annonçait une surprise d’importance au Trocadéro le soir à 23 h, sponsorisée par Areva, le marchand de nucléaire.
N’écoutant que ma curiosité, mon goût pour les challenges fous et le droit à l’information de mon cher public (et mon envie d’aller faire un tour), j’ai grimpé dans mon ULM, pardon dans ma Micra, pour rejoindre le lieu susnommé.

L’aventure, c’est plus pratique après le pont de l’Alma
Certes, une vraie aventurière des temps modernes devrait prendre les transports pour montrer l’exemple, sauf que ça me court sur le haricot, les transports. J’en ai ras la couenne, des transports. Et les écolos de service qui nous font la morale avec les transports, ça m’étonnerait qu’ils habitent en banlieue et qu’ils les prennent deux fois par jour, les transports. Et à fortiori quatre. Donc, j’ai pris la voiture. (Faut pas l’emmerder, l’aventurière moderne, sinon elle cogne !)

(Un petit truc en passant pour les aventuriers en herbe : c’est très bien les expéditions dans le XVIe arrondissement, car c’est trop fastoche de se garer. Si je vais si souvent au Palais de Tokyo ou au musée d’Art moderne, c’est pas tant pour l’amour de l’art que pour les places de parking ! Me remerciez pas... J’aime bien partager mon expérience de baroudeuse.)

Le prix du danger... (ça coûte la peau des fesses)
J’avais plus d’une heure d’avance, et pourtant je n'étais passée que deux fois (environ) à l'orange. J'en ai profité pour repérer les lieux en rollers... Il faut toujours préparer minutieusement ses expéditions. Puis comme j’avais soif et envie de faire pipi, je me suis rapprochée du point d’eau le plus proche : une brasserie place de l’Alma (Pour tous nos amis de province : oui, c’est là qu’Elle est morte... Petit moment d’émotion.) J’ai fouillé dans mon nécessaire de survie et j’ai pu rassembler six euros. “Voilà de quoi largement satisfaire le commerçant autochtone !” ai-je songé en mon for intérieur. (Pour songer en son for intérieur, l’aventure solitaire dans la jungle des villes, c’est le top. Les toilettes aussi, c’est pas mal.)

J’ai commandé un Vittel menthe. Je ne bois pas de Vittel menthe habituellement, mais comme j’en avais pris un ce midi aux Batignolles en compagnie de M. et Mme Goût, j’ai pensé que cela allait me porter chance. Tu parles, 5,50 euros la menthe à l’eau ! Sans compter que je me suis retrouvée coincée entre un fumeur de clopes qui tenait sa cigarette à distance de sa copine, mais à 20 cm de mon nez, et un nouveau riche russe qui pompait sur un cigare ! En plus, on peut même même plus engueuler les fumeurs, vu qu’ils n’ont plus que les terrasses pour entretenir leur bronchite chronique...

Allez, abrège !
Ok, ok, j’abrège un peu, on en est déjà à 2 800 signes, et y’a encore une demi-heure à tirer avant le mégatruc de la mort.
Je bois donc mon verre, je vais me laver les mains. (C’est une manière chic de dire que je vais faire pipi... On est dans le XVIe, je vous le rappelle.) Et je glisse jusqu’à la tour Eiffel, slalomant entre de fascinants spécimens de diverses nationalités, dont un Belge qui prononcera cette phrase mystérieuse : "Ce soir, un diplodocus m'a chié dessus.” Mais ne nous dispersons pas... Je ne suis pas là pour étudier la faune. Je me poste donc contre un parapet et j’attends...
C'est d'ailleurs ce qui distingue le vrai aventurier d'un succédané : l’attente (Quechua... Mouarf). Il faut savoir patienter... Bon, heureusement que j’avais le tome 13 de mon manga. Et à 23h00, tatata, ceci :


The Eiffel Tower is blue like an orange
envoyé par karmara93

La tour Eiffel en bleu, c’est dingue ! Trop trop beau. Et en plus, ça clignote. Waouh ! Quel spectacle fabuleux ! Ça valait vraiment le coup de faire quarante minutes de bagnole et de payer 5,50 euros un verre de flotte avec une lichette de sirop dedans. Vraiment, le scoop du siècle ! (Pour ceux qui regarderaient que TV Breizh ou Eurosport, c’est pour fêter la présidence française du Conseil de l’Union européenne.)
Allez, petits veinards, je vous fourgue aussi une photo, histoire que j’aie pas fait tout ça pour rien.

Posté par karmara à 02:12 - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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