19 juin 2007

QUAND J'ETAIS CHANTEUR

Pauvres malheureux qui habitez Paris ou d’autres métropoles et qui, les soirs de fête de la Musique, ne savez où donner de la tête. Un petit concert classique au Sénat ? Un grand raoût pop à Bastille ? Du rap à Oberkampf ? De la world music à la Villette ? De l’accordéon à Montmartre ? Vous hésitez... C’est dur. Alors que vous habiteriez Epinay-sur-Seine (au pif), vous auriez le choix entre Lio et rien ! Bon, perso, j’aurais choisi rien, mais la vedette de la soirée étant Michel Delpech, avec qui Christophe a déjà travaillé, c’était un peu une figure imposée, on va dire. Le public était un savant mélange de zyva et de beaufs (fi du politiquement correct. Je sais ce que sont des beaufs, c’est de là que je viens... Quand on est enfant de bourges, on peut se permettre d’être renégat, c’est même bien vu. L’enfant de prolos peu cultivés se doit de cultiver une loyauté sans faille à son milieu d’origine. Or, on y côtoie souvent une étroitesse d’esprit affligeante. J'en ai moi-même quelques séquelles, parfois). Les premiers se tenaient par petites bandes à distance de la scène, entourés par des bataillons de policiers et de CRS prêts à mordre (on aurait dit des pittbulls qu’on aurait empêché de se jeter sur un appétissant nonosse... – je parle des forces de l’ordre, pas des jeunes). Les « amateurs de variété française » (dirai-je, pour adoucir le propos) ne rataient pas une miette du concert et connaissaient toutes les paroles des vieux tubes de Delpech par cœur. Moi aussi, soit dit en passant. Quand j’étais petite, on le regardait à la télé dans les émissions de Guy Lux et des Carpentier. Et d’ailleurs, ses chansons vieillissent plutôt bien.

Pour un flirt avec toi
Après le concert, Christophe est allé saluer un musicien qu’il connaissait. Et toute la famille a eu l’insigne honneur d’être embrassée par « la vedette ». Derrière un grillage, une vingtaine de fans étaient agglutinés. Ça faisait bizarre que ce gars, qui fut l’idole des minettes il y a 30 ans, ait encore des fans. La plus hystérique hurlait : « Michel, un bisou ! » Et quand elle a vu qu’Anouk avait, elle, droit à une bise de l’artiste (dont elle se serait bien passée, à en croire son sourire figé), la femme (la cinquantaine, maigrichonne, cheveux courts blonds mal décolorés) s’est mise à hurler : « Michel, y’a des enfants ici aussi ! » Gentiment, Delpech s’est approché de la grille et a distibué baisers et autographes. J’ai entendu un mec de son staff qui disait : « Purée, quelle bande de relous ! » Et même si j’étais d’accord, j’ai eu envie de lui foutre un coup de pied au cul. Allez savoir pourquoi...


Posté par Karmara à 22:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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