20 février 2007

WE FADE TO GREY
Un matin comme les autres. Il avait acheté son journal au Café de la Gare, bu un expresso au comptoir en feuilletant Le Parisien. Le café était juste un peu plus fade que d'habitude.
Le train était à l'heure. 8 h 37, direction Massy-Palaiseau. Il a pensé : "Me scie pas les os !" Il ne pensait jamais des trucs comme ça, normalement. "Je couve quelque chose", il s'est dit. Il s'est assis près d'une fenêtre. A côté de lui, un jeune en survêt' griffé feuilletait un livre de code de la route, les oreilles dégoulinant de rap. Face à lui, une femme se maquillait laborieusement, en luttant contre les soubresauts du train. D'habitude, il se plongeait dans les pronostics hippiques. Mais là, il se laissa absorber par le paysage. Ou plutôt son absence. Des bâtiments industriels en démolition, une casse de voitures, la SPA, un incinérateur, le gris des bâtiments, le gris du ciel, le gris de la Seine... Il ne pensait à rien, sauf au gris.
Il sentit un courant d'air froid. Et comme une rumeur dans le train. Il leva les yeux et s'aperçut que les autres passagers le regardaient avec stupeur. La femme leva à son tour les yeux de son miroir, poussa un cri en se barbouillant de rouge à lèvres. Il n'en fut pas bouleversé. Cela n'avait aucune importance. Il était en train de se dissoudre dans la grisaille et, finalement, ce n'était pas plus mal. Les autres verraient bien, quand viendrait leur tour.
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QUITTE OU DOUBLE ?
(Suite...) Putain, j'ai cru que je devenais ouf. Le keum, il a commencé par devenir tout gris comme de la cendre froide, puis plus rien, pfuit... L'homme invisible. C'est comme un jeu vidéo. T'es à fond dans le truc, mais tu sais que c'est pas vrai. Sauf que là, c'était vrai. Enfin, je crois... Après, dans le wagon, on s'est tous regardés, sans rien dire. La meuf, en face de lui, elle a d'abord poussé un cri de bête, puis plus rien. Les meufs, c'est mieux quand elles se taisent. Sauf Beyoncé. Elle, elle est trop bonne quand elle l'ouvre. Et les meules qu'elle se paye, la frangine... Mais bon, c'est la meuf à Jay Z, et je dis total respect. Jamais je la touche, Beyoncé. En même temps, y'a peu de chances que nos chemins se croisent à moins de 6 000 km, alors ça va pas être trop dur de résister. Je m'éloigne du sujet. Ça a toujours été mon problème, l'éloignement du sujet. Sur mes bulletins, y'a marqué : "A du mal à se concentrer". Résultat : on m'a orienté en mécanique, alors que moi je voulais faire marketing. Moi j'aurais déchiré en marketing vestimentaire. J'ai des pures idées pour créer une ligne de streetwear. J'ai déjà un nom de marque : Fabuloose. Fab comme Fabien (c'est oim), u comme urbain (ça veut dire un truc qu'on trouve dans les quartiers). Et loose, ça veut pas dire de la lose, ça veut dire qui serre pas les couilles. Top confort. La meuf du train, elle s'était foutu du gloss plein la tronche. Une autre fois, ça m'aurait fait taper des barres de rire, mais là, j'étais pas d'attaque.
Il y avait une dizaine d'autres personnes dans le wagon, pas plus. Et on était cinq à avoir vu ce qu'on avait vu. On s'est regardés, et on a compris qu'on allait tous la fermer. De toute façe, personne nous croirait. Je suis descendu à Saint-Ouen. C'est là qu'il y a mon putain de lycée technique. J'ai oublié mon bouquin de code. 12 euros de paumé, fait ièch'. J'étais juste à l'heure pour le cours de maths. J'aime bien ce cours, parce que la classe, elle est au dernier étage. On a une super vue sur les toits, le ciel. C'est vachement inspirant pour moi. Pendant que la mère Laumière, elle nous raconte ses bobards d'équations, je dessine des modèles de survêts sur mon cahier (je suis un peu le Guy Degrenne de la téci, ouarf ouarf). Mais là, mon cerveau, il était trop parasité pour que je crée. En plus, Sammy, il déblatérait à côté de moi, sur une meuf de 35 balais qu'il avait pécho sur Meetic. Un vrai mytho, çui-là. Le ciel était tout bizarre, moitié bleu, moitié gris. D'un seul coup, un arc-en-ciel a déchiré le ciel, comme un éclair. Puis un deuxième... Là, je me suis dit, c'est la fin du monde. Et j'ai pensé à ma mère, qui était toute seule dans l'appart.
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MAIS COMMENT S'Y PRENDRE QUAND ON EST DANS L'EAU
Je passe trop de temps avec ces histoires de blogs. Je me suis encore endormie à pas d'heures... En plus, ça commence à me prendre la tête. Je vais voir plusieurs fois par jour si j'ai des visiteurs, et s'ils m'ont laissé des commentaires. Et si je constate une désaffection, je chope les boules. Je me dis que je suis trop répétitive, que mes (rares) lecteurs se lassent. Ce qui était une respiration est en train de devenir une contrainte. Pas eu le temps de me maquiller, ce matin. Je le ferai dans le train. J'aime pas ça, mais mes collègues vont encore me dire que j'ai mauvaise mine. Le gars en face de moi, il a encore une plus sale tronche que moi. Il lit les pronostics hippiques. Y'en a qu'ont du fric à perdre... Allez, concentration maximale, sinon ça va être la Bérézina ce tartinage de tronche. Poudre, blush, ricils et rouge à lèvres. Y'a quelqu'un qui a crié ! Je crois bien que c'est moi. Le type hippique, il est devenu transparent. Enfin, gris transparent... Je sais pas vraiment comment expliquer. J'ai d'abord cru que c'était une hallu due au manque de sommeil. Mais quand j'ai vu la tête des autres passagers, j'ai compris que si c'était une hallucination, elle était collective. Je me suis débarbouillée comme j'ai pu avec des Kleenex. Je suis pas allée au boulot. Je me suis arrêtée à Gennevilliers, pour aller au parc voir les oiseaux. Pour me remettre la tête à l'endroit, je connais pas mieux. J'ai levé les yeux vers la cime des arbres. J'ai pensé au circonflexe de cime, qui est tombé dans l'abîme. N'importe quoi ! Et là, j'ai vu un poisson. J'ai fugacement pensé à Juliette Gréco et au poisson amoureux d'un oiseau. Surtout, je me suis dit qu'il était temps que je recommence à dormir. Et j'ai décidé d'arrêter mon blog. Ciao...
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Posté par Karmara à 00:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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