11 janvier 2007

BAIKONOUR, MON AMOUR

Pour fêter mon retour dans la vie dite active, j'ai été convoquée par la médecine du travail. J'entends les salariés s'esclaffer ! Aimable plaisanterie que la médecine du travail. Un ch'tit pipi dans le gobelet, poids, tension... "Tout va bien, madame ?" Et hop, au suivant. Sauf que, cette fois, j'ai eu envie de discuter un chouille. J'avais un médecin sous la main, j'ai des problèmes de sommeil. Après tout, il était susceptible de me conseiller.

En fait, même pas. C'est pas le mauvais bougre, le docteur du travail, mais il ne se mouille jamais. Position délicate : ces médecins sont censés veiller à la santé des salariés, mais sont payés par les patrons. De même, les "patients" ne se confient guère en général, car ils craignent que les infos ne remontent dans les DRH (Et les DRH, surtout par les temps qui courent, sont rarement les alliées des salariés).

- Vous n'arrivez pas à vous endormir ? Je comprends, je comprends. C'est pas facile, avec des jeunes enfants.
- Oui, mais qu'est-ce que je peux faire pour dormir plus et mieux ?
- Ben, pas grand-chose c'est un tempérament que vous avez.
- Et l'hypnose, ça peut marcher ?
- Ben, faut voir. Mais bon, ça ne vous changera pas fondamentalement.
Voyant que je n'en tirerai rien de plus, j'ai demandé :
- Et vous, vous en avez, des enfants ?
Un sursaut.
- Plein ! J'en ai quatre. Des grands, de 18 à 25 ans. Et je n'attends plus qu'une chose : QU'ILS S'EN AILLENT ! JE N'EN PEUX PLUS ! Mais qu'est-ce que vous voulez, ils sont tellement bien à la maison qu'ils n'ont pas envie de bouger !
- Faut les envoyer faire des études à l'étranger !
- J'ai essayé avec un. A Londres. Mais il était incapable de se démerder tout seul. J'ai dû y aller pour lui trouver un logement, faire l'inscription dans son école, et lui trouver un job.

Il était complètement déprimé, le pauvre. Ça lui a fait du bien de se confier... Pour un peu, j'aurais pu lui faire payer la séance.

Je suis partie tranquillement, en me disant que je m'en sortais bien avec mes deux diablesses. Deux petites filles, c'est moins chiant que quatre grands dadais. Anouk a décidé de devenir coiffeuse dans une fusée. Je ne suis pas contre. Je n'y vois même que des avantages. Déjà, les études sont courtes, elle ne devrait pas trop squatter à la maison ! Surtout si elle bosse dans une fusée. Et elle me coupera les cheveux, quand elle fera escale. Par contre, pas question qu'elle me ramène un Martien à la maison !

Posté par Karmara à 22:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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